BLOGIRAQ ET DU PROCHORIENT

Pour comprendre la guerre en Irak et éviter l'Islamophobie galopante - To understand the war in Iraq and to avoid Islamophobia - Each post is in French with an English version -

Monday, March 20, 2006

DU PARTI BAAS A SADDAM : LA TRAGEDIE GOES ON AND ON AND ON

L'arrivée du parti Baas au pouvoir ne va pas changer grand chose à la vie politique du pays. Créé dans les années 40 par un Chrétien libanais Michel Aflaq et le Syrien musulman Salah al-Din al-Bitar, il est à la fois socialiste, nationaliste et Pan-Arabe. L'influence française y est prédominante et tous deux d'ailleurs étudièrent à la Sorbonne à Paris. Il a été dit par la suite que Assad en Syrie et Saddam Hussein en Irak utilisèrent les préceptes national-socialistes et pan-arabes du Ba’athisme comme un paravent pour organiser ce qui fut en fait des dictatures militaires. On peut discuter le fait ou faire d'étranges parallèles avec l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler qui s'est dit socialiste, nationaliste et pan-allemand.

Un Conseil national pour un pouvoir révolutionnaire, composé de civils et militaires, fut mis en place avec des pouvoirs mixtes, exécutifs et législatifs. Le leadership du Conseil fut attribué au Colonel Ahmad Hassan al- Bakr, un officier du parti Baas. Toutefois, dès la fin de l'année, le Président de la 1ère République Arif évicte al-Bakr et prend le pouvoir qu'il va garder jusqu'en 1968 sans chercher à former une Assemblée Nationale. Excédés , des officiers du parti Baas renversèrent le gouvernement en 1968 et réétablirent le Conseil Révolutionnaire avec autorité absolue. Le CR réélit al-Bakr président de la République et invita an-Nayif à former un gouvernement. Peu intéressé aux questions administratives du pouvoir et devenu malade, Al-Bakr s'appuya de plus en plus sur un officier du nom de Saddam Hussein pour l'exercice quotidien du pouvoir.

Dès la fin 1968, l'opposition kurde au Nord -soutenue par l'Iran- commenca à provoquer des troubles dans le pays et en 1970 Bagdad reconnut officiellement les Kurdes en tant que "groupe national" admis à former une entité admnistrative autonome à partir de 1974. Le leader kurde al-Barzani toutefois prit le mouche en 1974 et entra en guerre avec l'aide du Shah d'Iran au sujet du tracé de la frontière dans le Shatt-al-Arab. Des négociations entre Teheran et Bagdad mirent fin aux hostilités kurdo-irakiennes. A partir de 1975, le Parti communiste irakien fut persécuté et pratiquement tous les partis d'opposition furent menacés ou brimés. Le parti Baas finit la décennie comme pratiquement le seul parti admis en Irak.

A partir de 1977, des négociations entre Damas et Bagdad en vue d'une union économique et militaire, tendant vers une union politique tout court, débutèrent mais elles butèrent vite sur la question de déterminer lequel des deux pays assurerait le leadership de l'Union. Lorsque al-Bakr démissionna de la présidence en 1979, Saddam Hussein lui succéda immédiatement mais dans les semaines qui suivirent expurgea la parti Baas et les membres du Conseil Révolutionnaire au motif qu'ils avaient conspiré en vue d'un coup d'Etat avec l'appui de Damas.
Vraie ou fausse, l'affirmation mit un fin au rapprochement syro-irakien et aux tentatives de créer en Irak une Assemblée Nationale digne de ce nom. Saddam Hussein devint rapidement le dictateur le plus féroce du Moyen Orient. Dès son accession au pouvoir, les heurts avec l'Iran dont le Shaf est renversé à la même époque s'accentuent du fait que les nouveaux maitres de la Perse détestent le régime laic de Bagdad et rêvent de le renverser pour y substituer une dictature religieuse shiite.

En Septembre 1980, l'Irak envahit l' Iran et la guerre va durer 7 ans, faisant un million de morts à un coût monétaire de 1200 milliards de dollars. Soutenu par l'Occident et ses vendeurs d'armes, l'Irak put prendre le dessus sur son adversaire et en août 1988, sous l'égide de l'ONU, un cesser-le-feu fut signé. Aucun des deux pays ne gagna quoique ce soit à la plus longue guerre du XXème siècle.

Même pas remis de la saignée, l'Irak va reprendre le chemin de la guerre, toujours sous la dictature Saddam, en Août 1990 lorsque le dictateur irakien tente d'annexer le Koweit. En huit mois, les alliés de plus de 30 nations repoussent les armées irakiennes et rétablissent les émirs koweitiens, en exil à Londres où je les ai vus parader pendant six mois dans leur Rolls-Royce, sur leur trône de mini-dictateurs. La guerre va coûter quelque 100.000 morts (et 300.00 blessés) aux populations irakiennes. L'après-guerre connaitra une répression féroce des soulèvements kurdes qui produira quelque dizaines de milliers de morts supplémentaires, notamment par armes bactériologiques.

L'Irak va connaitre une paix relative jusqu'en 2003 lorsque les Etats Unis décident -à la suite d'une attaque terroriste sur le World Trade Center et le Pentagone- de renverser Saddam Hussein et de finir le boulot que Papa Bush avait sagement refusé d'effectuer en 1991. Pourquoi un fils a-t-il été plus bête que son père, c'est une question à laquelle les historiens auront à répondre. Pour le moment, les Américains sont enlisés en Irak et ne sont pas prêts de s'en sortir.

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