BLOGIRAQ ET DU PROCHORIENT

Pour comprendre la guerre en Irak et éviter l'Islamophobie galopante - To understand the war in Iraq and to avoid Islamophobia - Each post is in French with an English version -

Wednesday, March 22, 2006

GUERRE CIVILE DU POULET EN SYRIE

La guerre civile fait peut-être rage de l'autre coté de la frontière syrio-irakienne, mais du côté syrien, c'est la guerre du poulet yankee qui domine depuis que KFC -j'ai cité Kentucky Fried Chicken- a ouvert en Janvier dernier sa première franchise à Damas, capitale culturelle et islamique du monde arabe (ou qui se veut telle). Les troupes du Colonel H. Sanders, fondateur barbichu et tyrannique de la fameuse chaine, ont investi la Syrie sous les treillis de la Kuwait Food Company (Americana Group) qui détient et opère la licence de KFC, Pizza Hut, Baskin Robbins and TGI Fridays au Proche Orient.

Certes, il s'agit de capitaux arabes et pas réellement d'une invasion stricto sensu du capitalisme américain ; toutefois, c'est un symbole. La culture américaine du poulet, après celle de PepsiCola, s'introduit dans le sanctuaire de l'islam culturel et hyper-nationaliste. Les mannes de Faysal I -premier Roi d'Irak et héphémère souverain syrien avant que les Français le foutent à la porte dans les annés 20- doivent en frémir dans la tombe.

Pour sa part, selon mes informations, le peuple syrien est très divisé sur la question : les jeunes affluent même si la part de poulet coûte l'équivalent de 3 dollars (une fortune pour un budget moyen). Certains "insurgents" -comme dirait Bush- ont lancé un boycott et adjurent -sous la bannière d'un programme baptisé "A thought for food" - leurs compatriotes d'aller bouffer leur poulet dans le bouiboui du coin (cf photo) où il ne coûte que quelques cents. D'autres - sans doute des fils de famille locaux- se précipitent en masse dans le resto qui fait figure d'endroit branché où il faut être vu. Pendant ce temps, près de 2 millions de Syriens sur 18 millions ne peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires de base, selon Syria Today.

Un des serveurs de l'endroit explique même que le boycott a engendré une "pub" pas croyable pour le business et que cela a économisé au groupe koweiti des frais de réclame importants. Un autre observateur fait remarquer que l'usine à poulets yankee crée des emplois et que si le boycott était trop efficace, il finirait par créer du chômage.

Si seulement Bush avait eu l'idée d'imiter le Colonel Sanders et d'installer en Irak des succursales de CocaCola et IHOP (International House of Pancakes) au lieu de faire avancer ses tanks, peut-être même que Saddam Hussein aurait accepté de déterrer ses fameuses WMD (weapons of mass destruction) dont tout le monde sait désormais qu'elles n'ont jamais existé que dans l'imagination de George W. Bush.


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