BLOGIRAQ ET DU PROCHORIENT

Pour comprendre la guerre en Irak et éviter l'Islamophobie galopante - To understand the war in Iraq and to avoid Islamophobia - Each post is in French with an English version -

Thursday, March 30, 2006

ISRAEL, RIEN N' EST REGLE, SURTOUT PAS LE VRAI PROBLEME - ISRAEL : NOTHING IS SETTLED YET

C'est surprenant de voir combien les Israéliens ont montré peu d'empressement à aller voter : un turn-out électoral de 63%, c'est plus que bas. C'est presque un déni de paternité pour le vainqueur, le parti Kadima du PM par interim Ehud Olmert : historiquement, le taux de participation a toujours flirté avec les 75%. C'est un euphémisme de dire que les Israéliens ont voté "oui mais.." à Olmert et son parti.

C'est que le cher homme n'est guère aimé dans le pays. Son gros cigare et ses manières autocratiques le rendent peu populaire mais plus grave, on se méfie de lui, de ses amis et de son entourage. En bref, personne ne croit vraiment en Israel que l'homme est intègre. Sans tomber dans la naiveté politique, on peut penser que l'image de Binyamin "Bibi" Netanyahu, le grand perdant du Likoud (Droite), était à cet égard bien meilleure. Mais le parti a été laminé par les électeurs et d'ores et déjà on entend parler de conspiration au sein du Likoud pour faire la peau de Bibi.

En outre, Olmert a la réputation d'être l'homme du big business, une sorte de Bush local, et ses promesses de redessiner unilatéralement les frontières d'Israel ne convainquent pas tout le monde. Certainement pas le Hamas qui n'acceptera jamais des frontières non négociées mais pas davantage une large partie de la population qui pense que la paix est inséparable de la négociation. L'échec flagrant du Likoud, parti extrêmiste s'il en est, montre bien que les Israéliens en ont assez des faucons et qu'ils jugent insuffisantes les promesses des "colombes".

Toutefois, Olmert est considéré comme un pragmatique, capable de sang froid et de se révéler
à la hauteur quand l'occasion le demande : il a récemment déclaré que les Arabes de Jerusalem -Est devraient être libres de participer à des élections générales palestiniennes, un commentaire qui aurait fait sauter n'importe quel politicien il y a encore 3 ans. Il pourrait bien surprendre son monde.

Quant à Amir Peretz (photo ci-dessus), chef du parti Labour, qui arrive second avec 20 députés sur 120, il est loin d'impressioner les masses par ses capacités de leader national ; il ne parle pas Anglais, n'a aucune expérience de politique extérieure mais a une image de colombe (ce qui lui permettra sans doute dans les négociations d'exiger mieux et plus). Avec sa tête de chauffeur de taxi marseillais (sand doute plus honnête), il n'est apprécié du public que pour sa personnalité charismatique et généreuse et sa verbe en Hébreu. Il raisonne comme s'il était candidat dans un pays pauvre mais sûr dans ses frontières et semble persuadé qu'avec de bonnes intentions, gouverner un pays n' est qu'une "piece of cake."

En conclusion, les Israéliens -qui en ont plus qu'assez de sauter sur des bombes palestiniennes ou de recevoir des missiles Kassam sur la tête (plus de 300 depuis sept. 2000)- sont loin d'être convaincus par
Ehud Olmert : ce dernier aura sans doute à s'appuyer plus qu'il ne le souhaite sur le Labour dont le programme de politique extérieure -si on peut qualifier ainsi le problème israélo-palestinien- contient également un retrait unilatéral des territoires occupés.

Toutefois, comme le dit un électeur israélien, nous avons choisi "Olmert (Kadima 29 sièges) grudgingly and endorsed Peretz (Labour 20 sièges) only to a limited degree." Les deux partis s'ils arrivent à s'entendre auront besoin non seulement d'aller chercher des alliances ailleurs mais surtout de convaincre les foules qu'ils ont un programme précis de tracé des frontières qui soit acceptable par le Hamas, sans oublier un programme social digne de ce nom.

Espérer qu'ils vont régler le problème palestino-israélien sur la base du programme électoral me parait être une utopie non pas seulement du point de vue du Hamas mais de celui de l'homme de la rue à Tel Aviv ou Jerusalem également. Mais la victoire de ces deux partis montre bien que l'électeur veut des changements dans deux domaines fondamentaux : les territoires occupés et le welfare. L'homme de la rue en a assez d'être la victime du terrorisme pendant que ses hommes politiques se gaubergent dans les délices empoisonnés du pouvoir. Si rien n'est fait rapidement, rendez vous pour de nouvelles élections générales dans 18 mois. Les attaques acrimonieuses qu'on entend déjà en Israel à propos de l'attribution des portefeuilles, notamment celui des Finances, permettent de penser que les deux partis victorieux auront du mal à s'entendre.
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It is a surprise to notice the low turn-out to the Israeli general elections : 63% is the lowest since 1948 and on average it has historically been around 75%. Without question, Israelis voted "Yes but.." to Mr. Olmert and his party. The fact is that the man is not really popular : people do not like his huge Cuban cigars, his autocratic behavior and tend to distrust him, his friends and his entourage. To put it mildly, nobody really thinks that Mr. Olmert is above all suspicions, notably in the business domain. Binyamin Netanyahu, leader of the defeated Likud, enjoyed a more favorable image but his fall made him impopular within his own party and already there are rumors of a party conspiration to overthrow him.

Furthermore Olmert is known as the Big Business crony, a local George Bush, and his plan to unilaterally withdraw from the West Bank does not convince everybody. It certainly does not convince on one hand the Hamas who will never accept not negociated borders and on another a large chunk of the Israeli people who thinks that peace and negociation go together. The baffling failure of the Likud party (Right) showed that Israelis are fed up with the "hawks" and that they deem the Doves' promises unsatisfactory.

However Olmert has the reputation to be a pragmatic man, able to think and act in cold blood and to reveal himself up to the challenges when some difficulties occur. He recently stated that East Jerusalem Arabs should be free to partake in Palestinian general elections, a statement that would have toppled down any politician only 2 years ago. He could pull some big surprises out of his hat.

As for Amir Peretz (above picture), head of the Labor, who came in second place with 20 seats on 120 in the Knesset, he does not impress the masses as a potential national leader : he does not speak English, he has the reputation of being a dove and he owes some popularity to his flamboyance in Hebrew speaking, his generosity and his real concern for the care of the people. However he looks sometimes naive and tends to think that ruling a nation is a piece of cake when you have nice ideas and are a good-doer man.

In conclusion Israeli people, who are fed up with a palestinian "resistance" which implies terrorist acts and launching of Kassam missiles (over 300 since Sept.2000), are far from being convinced by Olmert : the new PM will probably have to look for support from the Labor to an extent he did not intend to in the first place ; already Peretz has let it known that he wanted the Finance Ministry to implement his social program. An heresy to Olmert.

As says an Israeli voter, we chosed "Olmert (Kadima 29 seats) grudgingly and endorsed Peretz (Labor 20 seats) only to a limited degree." If they can agree on anything substantial both parties will still need the support of other political formations and especially to show to the people in Israel that they have a common plan of withdrawal acceptable by the Hamas, not to mention a welfare program acceptable to the electors.

So do not hope that Kadima and Labor are going to settle the Palestino-Israeli problem on the sheer basis of their electoral program, it is a pure utopia not only from the Hamas point of view but also from the Uri Levy's point of view in the streets of Tel Aviv or Jerusalem. Their electoral victory however showed that the voters want important changes in two fields : occupied territories and welfare.

The local John and Mary Doe have enough with getting Kassams on their head while their political leaders are frolicking in the poisoned delicacies of leadership. If nothing is rapidly achieved, mark the date of a new general elections within 2 years. The acrimony that is already heard on TV and radios about the attribution of ministries let me think that both parties will have great difficulties to live and fight together.

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